
Vois cet arbre défait, sa forme humiliée,
Ce tronc perclus de nœuds au flegme de pendu,
Et comme sa racine est recroquevillée
Où siège un mendiant par la froideur mordu.
Il vit dans l’ombre de la ville éblouissante.
Un dédain minéral neutralisant lété
Le réduit, figurant de la rumeur passante,
À pâlir en totem de l’être déserté.
S’éclipsent les regards et se vissent les bouches
De qui semblent les cœurs d’inaltérables souches,
Quand réclame sa fibre un signe de chaleur.
Un sourire pourtant l’étreint jusqu’à la cime :
Il sent, frisson vivace, un hiver qu’on réprime,
Et, l’écorce tremblante, il prend de la couleur.