
L’âme se cherche un véhicule.
Il n’y a plus d’art dans l’éther.
Le ciel que peint la canicule
Est un monochrome sans chair.
Écran d’humeur vitrioleuse,
L’horizon bout comme un alcool
Vacant, sans fresque nébuleuse
Propice à l’onirique envol.
Comment s’ailer d’ivres images
Privé des sublimations
Qu’épanouissent les nuages
Pleins de mobiles visions ?
En ce pesant désert céleste,
Plafond d’un infini cachot
Sans autre espoir, trappe funeste,
D’évasion que l’échafaud,
Nul soupir qui n’enfle en colombe !
Plus une ouate où s’éployer !
Tout est captif du vide, et plombe
L’inextinguible œil du geôlier.
L’astre divin qui nuit sans trêve
Éveille au paradoxe obscur
Qu’on peine à transpirer du rêve
Surétuvé d’or et d’azur.
Se déshydratent les idées
Sans les orages incertains ;
Et nos méninges sont ridées
Comme les fleurs de nos jardins.
Trop de soleil éteint ; du ciel
La page toute bleue ennuie…
Reviens ! grimoire essentiel
Des mouvants pourvoyeurs de pluie !