
J’avais chu dans l’encens des fausses aphrodites ;
Et toi, bu tout le vin des apollons trompeurs.
Chacun, désenchanté de délices maudites,
Avait livré l’amour au cloître des torpeurs.
Ton cœur était figé comme un œillet dans l’ambre ;
La porte de ton nid, fermée à double tour.
Sur ton calendrier, c’était toujours novembre,
Mois morne où nul oiseau n’entend faire la cour.
Solitaire nomade accumulant le doute,
J’errais sous un plafond suintant le désarroi.
Toujours plus loin du but, je poursuivais ma route
Tel un noir pèlerin dont s’égrène la foi…
Un soir où tu sondais l’éther d’une tourelle
Et confiais ta peine aux constellations,
Je reçus du hasard, faveur surnaturelle,
La plus chère à ma nuit des scintillations :
Avoir jeté la clé de ton journal intime
Au fond d’un puits de pleurs n’avait pas englouti
Ton œil que pailletait encor l’espoir infime
D’un flamboyant serment jamais plus démenti.
Grisé par cet éclat, je bondis : « Est-ce l’astre
Pour lequel en souffrant je suis resté debout ?
Peut-être vient la fin d’un sinueux désastre ?
Ici de mon tunnel brumeux vois-je le bout ?
Aveugle à déclarer ma flamme en pleine lune,
J’apparus devant toi, miteux sortant du noir,
Sans même m’aviser qu’en ta prunelle brune
Ne brillait plus qu’un froid de foudre repoussoir.
Certain d’aller ravir la plus rêveuse perle,
Après mille chemins de boue et de tourment,
Je me pris, soulevé par un élan de merle,
À pépier du miel très romantiquement :
« Devenons l’un pour l’autre une raison de croire !
Conjurons de concert nos affres et douleurs !
Écrivons à deux voix l’harmonieuse histoire
Que nous jalouseront les autres roucouleurs ! »
Tu ricanas, colombe atrocement superbe :
« Arrière ! troubadour au plumage affligeant !
Crois-tu que soit mon vœu de faire un nid dans l’herbe
Et vivre de romance auprès d’un indigent ?! »
Voyant mordre mon cœur l’acide de ton rire,
Un sang humilié m’irradier le flanc,
La Lune, mille fois témoin de ce martyre,
En mère m’éclaira : « Naïf sans cheval blanc,
Reçois le prosaïque enseignement des contes :
La princesse jamais ne solde son bisou.
Fût-il riche en ardents poèmes, sont peu promptes
Les belles à rougir d’un rêve sans bijou. »
Tes écrits sont toujours tous magnifiques. Merci pour ces partagés 🙂
Ce témoignage d’affection pour mes écrits me touche. Merci à toi de me lire et d’exprimer un sentiment si favorable.
Ça a toujours été le cas cher ami. Désolée pour la coquille dans mon message précédent. Au plaisir de recroiser ta plume 🙂