Arachnophilie

A


Lilith ! pour tout bonheur, hais-moi d’un cœur cinglant !
Mais ne m’inflige point ta vierge indifférence.
Abats sur moi le fouet du vœu le plus sanglant :
Que ta faim soit ma fin, et ta fièvre ma transe !

Je n’ai de pulsion maîtresse qu’assouvir
Ta volonté de me soumettre dans la soie
À l’instinct venimeux conçu pour me ravir.
Plaise au feu dévorant d’ensauvager ta joie

Une fois consumé l’effort qui nous confond !
Inocule un trou noir en m’étoilant d’entailles !
Qu’en transcendant martyr je touche au mal profond,
Avant que de ma chair se comblent tes entrailles !

Cruelle, je t’en prie ! augmente affres et pleurs !
Jusqu’à ce que succombe aux friandes saignées
Mon corps épanoui de plaire à tes chaleurs :
Aimons-nous comme s’aime un couple d’araignées !


À propos de l'auteur

Julien Albessard

Misanthrope humaniste, atrabilaire joyeux, rêveur rationnel, insulaire sociable et enthousiaste résigné, comme tout le monde, je ne suis comme personne.

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