Soleil !

S


Je suis vivant d’une lumière
Neuve et d’ivresse printanière
Depuis ce jour béni d’avril
Où tu survins, clarté sublime
Qui changerait un cacochyme
En souple et sémillant pistil.

Chaque cellule de ma fibre
S’ouvre à tes largesses, et vibre
D’espoir ! Ô prisme des bontés !
Terme à l’ennui, remède aux doutes,
Source de foi dissipant toutes
Mes hivernales volontés.

Je n’ai plus d’ombres à répondre
Devant ce charme qui peut fondre
Les sommets du septentrion.
Hier appesanti mercure,
Mon sang reprend de l’envergure,
Et devient fleuve à ton rayon !

Baigné d’or pur, je sais renaître
Comme un phénix ; et tout mon être
Aspire au ciel en fusion ;
L’éclat me porte à l’altitude,
Et mon bouillonnement prélude
À l’ascendante éclosion !

Nul vent contraire, aucune règle
Ne peut contraindre mon cœur d’aigle
À demeurer captif du sol ;
Si je lâchais ma propre bride,
J’aurais, d’un coup d’aile intrépide,
Déjà pris vers toi mon envol !

De cet élan irrépressible
Seule ta splendeur est la cible,
Et je ne puis faire autrement,
Animé d’une ardente lyre,
Que de mille fois te redire
Que me transcende un feu charmant ;

Un feu que nul ne peut éteindre,
Qu’un dieu lui-même ne peut ceindre,
Plus vif que l’horizon vermeil !
Le flambeau que devient ma plume,
C’est ton sourire qui l’allume :
Le plus irradiant soleil !

À propos de l'auteur

Julien Albessard

Misanthrope humaniste, atrabilaire joyeux, rêveur rationnel, insulaire sociable et enthousiaste résigné, comme tout le monde, je ne suis comme personne.

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