
À un ami « catholique »
Dévot de la débauche aux saintes attitudes,
D’avoir tiré ton miel impur des roses prudes,
Jouis en tapinois.
Quand sombre une tendresse en tes gluantes ruses,
Les cieux dardent le seul regard que tu n’abuses…
Ô lubrique minois !
Tu révères la croix qui domine le Tibre,
Y projetant la gloire auguste de ton chibre
En pleine ascension !
Pieux devant l’autel, tu pèches dos au Livre ;
Flambeau de la Vertu, dans l’ombre tu vis ivre
De fornication.
Après six jours de rut, tu rentres dans l’église
Et te signes… Orgueil, Luxure et Gourmandise,
Voilà ta Trinité !
Courbé, feins rendre hommage au Père avec ta femme :
Les anges voient baver la bête polygame
Qui prie à son côté.
Qu’une hostie aille fondre en quelque bouche blanche,
Tu fantasmes sans mal, blasphème du dimanche
D’époux jamais contrit,
La réplique du Diable agenouillant la Vierge
Pour lui faire engorger la cire de ton cierge :
« Rends grâce au Saint-Esprit ! »
Pâque sonne ! Au printemps, ton stupre vagabonde ;
Tu convoles partout, guettant la fièvre blonde
Où déposer ta nuit.
À ton flair animal la plus grisante cible
Est toujours une fleur qui sent l’âme sensible :
Corrompre te séduit !
Tu tournes ton regard, ce trouble périscope
Qui cherche une marie à baptiser « salope ! »
Dans le flot féminin,
Jetant des rets de soie entremêlés d’emphase…
Bien moins léviathan d’amour que ver de vase
Bouffi de son venin.
Ta vie est un buvard que l’immondice leste,
Et quand t’aura remis au tribunal céleste
Quelque humble fossoyeur,
Tu pourras simuler d’un juste l’apparence,
Dès lors qu’on posera ton cœur dans la balance,
Dieu pestera : « Souilleur !
Ô viande faisandée aux mensongers carêmes !
Infâme adorateur ! tes appétits suprêmes
Pèsent sur tes abats.
Tout ève tremblerait au Ciel de ta venue !
Je préfère un païen, une âme biscornue,
Au fils tombé si bas !
Avant qu’il ne te livre, en laisse, à ton vrai maître
Que brûle un souterrain désir de te soumettre
Aux fourches de sa loi,
Assume de servir une obscure puissance
Et révèle ici-bas à toute l’assistance
Ta véritable foi !
Passe aux aveux ! Il est grand temps que tu confesses
En quelle insanité charnelle tu t’affaisses
Sous ce sourire en coin.
Tombe la veste ! ouvre ton col ! ôte le masque !
Montre la croix, tête à l’envers sur ta peau flasque,
Au-dessous de ton groin !