Heptasyllabes

Paresse

Ô Paresse inépuisable ! Que de fois m’as-tu conté Comment, d’une voix de sable, Mettre au lit la volonté. Ma fierté s’offre à l’abîme Quand ta douceur de serpent Me susurre : « Aucune cime Ne t’appelle, beau rampant. » Je me love et fuis l’air rude Des chantres de la hauteur. Leur désir a l’altitude ; Mon rêve a la profondeur. As-tu jamais pris pour...

Mes vers fuiraient… (Victor Hugo)

Mes vers fuiraient, doux et frêles,
Vers votre jardin si beau,
Si mes vers avaient des ailes,
Des ailes comme l’oiseau.

Ils voleraient, étincelles,
Vers votre foyer qui rit,
Si mes vers avaient des ailes,
Des ailes comme l’esprit.

Près de vous, purs et fidèles,
Ils accourraient nuit et jour,
Si mes vers avaient des ailes,
Des ailes comme l’amour.

Victor Hugo, Les Contemplations, 1856.

Gourmandise

Un ogre aux mille fourchettes Invitait dans son palais D’effrénés valseurs d’assiettes À de gloutonneux ballets. Signe noir de ces soirées Orgiaques, maints fourneaux Engorgeaient d’humeurs poivrées Et de charbons infernaux Une cheminée altière Recrachant sur l’horizon La ténèbre carnassière Des bûchers de la raison ! Déferlaient de baveux groupes Ameutés par le...

Bel aubépin (Pierre de Ronsard)

Bel aubépin, verdissant, Fleurissant Le long de ce beau rivage, Tu es vêtu jusqu’au bas Des longs bras D’une lambruche sauvage. Deux camps drillants de fourmis Se sont mis En garnison sous ta souche; Et dans ton tronc mi-mangé, Arrangé, Les avettes ont leur couche. Le gentil rossignolet Nouvelet, Avecque sa bien-aimée, Pour ses amours alléger Vient loger Tous les ans en ta ramée. Sur...

Archives

;)